Je voulais attirer votre attention sur quelque chose d’assez grave et, franchement, très difficile à justifier d’un point de vue de la gouvernance.

Au cœur du problème se trouvent les articles 129 et 130 du Règlement de l’emploi de la CAF.

Ces dispositions sont très claires:

• le Secrétaire général devait prendre sa retraite au plus tard en octobre 2025, lorsqu’il a atteint l’âge obligatoire de départ à la retraite.

Le Président de la CAF avait déjà exercé son pouvoir de lui accorder une prolongation (conformément au Règlement de l’emploi de la CAF), mais cette prolongation a expiré!!

Il n’existe aucune autre marge de discrétion prévue par le règlement.

À partir de la mi-octobre 2025, le Secrétaire général n’est donc plus légalement en fonction et se maintient effectivement à son poste en violation tant de son contrat de travail que des règlements internes de la CAF.

Cela soulève une question simple mais cruciale:

SUR QUELLE BASE JURIDIQUE CONTINUE T-IL À EXERCER SON AUTORITÉ ?

Malgré l’absence de mandat valide, il continue de prendre des décisions exécutives, de signer des contrats de sponsoring et des contrats commerciaux (Suzuki, Royal Air Maroc, Union Européenne, etc.), d’approuver des nominations et d’engager la CAF vis-à-vis de tiers.

Il ne s’agit pas d’une question technique.

Lorsqu’une personne dépourvue d’autorité légale continue d’agir, l’organisation s’expose à des risques juridiques et commerciaux majeurs.

Les décisions peuvent être contestées, les contrats remis en cause, et la prétention de la CAF à une bonne gouvernance est fondamentalement compromise.

Deuxièmement, le Secrétaire général a nommé Cedrick Aghey au poste de Directeur des affaires juridiques sans respecter la procédure de nomination de la CAF.

Les articles 45 à 47 du règlement exigent que les nominations au niveau de Directeur suivent une procédure transparente et compétitive:

• Une vacance de poste publiée publiquement,

• Une consultation avec le Président,

• une soumission au Comité exécutif.

Rien de tout cela ne semble avoir eu lieu.

Il n’y a eu ni appel ouvert, ni publication de poste vacant, ni implication visible du Comité exécutif.

Malgré cela, la nomination a été décidée et mise en œuvre.

Venons-en maintenant au point le plus problématique:

LE CONFLIT D’INTÉRÊT

Cedrick AGHEY cumule actuellement deux fonctions en parallèle:

• Directeur des Affaires Juridiques par intérim (ACTING Legal Affairs Director) et Chef de Cabinet du Secrétaire général.

Il ne s’agit pas d’un simple chevauchement. Cela constitue un conflit d’intérêts majeur.

La fonction des affaires juridiques est censée conseiller de manière indépendante, examiner et parfois freiner l’action exécutive.

Exercer cette fonction tout en dirigeant simultanément le cabinet du Secrétaire général (_qui constitue le cœur même du pouvoir exécutif administratif_) fait disparaître toute séparation entre le contrôle juridique et la prise de décision exécutive.

En termes simples, cela revient à se conseiller soi-même, à valider ses propres actions et à supprimer tout mécanisme interne de contrôle et d’équilibre.

Et au passage… que signifie réellement “ACTING/INTERIM” ici ?

Je n’aime pas aborder les aspects de la politique politicienne mais Est-ce comme Trump se proclamant “_président par intérim du Venezuela”?_

Car c’est exactement l’impression que cela donne:

• une étiquette utilisée pour contourner les règles, et non un statut juridiquement fondé avec des limites claires !!

Ce qui rend la situation encore plus alarmante est le silence des Commissions d’audit, de conformité et de gouvernance de la CAF, qui, à ce stade, dirait à différentes sources qu’il ne s’en soucie même plus, puisque le Secrétaire général et ses proches collaborateurs font ce qu’ils veulent!

Ces questions relèvent pourtant clairement du mandat des comités externes:
la supervision des risques.

Ils sont conscients de ce qui se passe, et pourtant rien ne semblent avoir été questionné, contesté ou porté à un niveau supérieur.

Il en va de même pour le Comité exécutif, dont le rôle est totalement ignoré, ainsi que pour le Président, dont les pouvoirs statutaires sont de facto contournés.

À ce stade, il ne s’agit plus de personnes. Il s’agit de savoir si la CAF peut sérieusement prétendre être une organisation fondée sur des règles si elle ne respecte pas son propre cadre de gouvernance et de conformité.

Une institution qui tolère un tel niveau de violation réglementaire et de conflit d’intérêts s’expose à une insécurité juridique, à des conflits internes et à un grave préjudice réputationnel.

Une organisation comme la CAF ne peut pas, de manière crédible, prétendre respecter la bonne gouvernance et la conformité tout en permettant à son plus haut dirigeant exécutif d’opérer en dehors de ses propres règles.

Plus cette situation perdure, plus les risques juridiques, commerciaux et réputationnels augmentent! La CAF ne respecte pas le cadre qu’elle s’est elle-même fixé.

C’est pourquoi il s’agit d’un problème majeur, et pourquoi le silence qui l’entoure est si préoccupant.

L’administration conduite par Patrice Motsepe est clairement entrain de virer dans une situation de non droit des principes fondamentaux que la CAF s’est fixée depuis 1957 , les précédents présidents de la CAF doivent se retourner dans leurs tombes quand ils voient ce qu’est devenu cette institution

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