Les gens ne devraient pas être surpris par la perception croissante selon laquelle l’arbitrage de la CAF favoriserait de manière disproportionnée le Maroc!!
Cette perception n’est pas apparue par hasard; elle est la conséquence de défaillances persistantes en matière de gouvernance, de marchandages politiques et d’une érosion totale de l’indépendance institutionnelle au sein de la CAF.
Les controverses récentes: notamment des décisions arbitrales discutables et des interruptions techniques inexpliquées lors de moments clés des matchs, en particulier celui concernant le Cameroun- Maroc , n’ont fait que renforcer le scepticisme du public. Il ne s’agit plus d’incidents isolés, mais d’un schéma plus large et de plus en plus visible!
Au cœur de cette crise se trouve la gestion d’un audit externe portant sur des faits de mauvaise gestion au sein de la CAF.
Lorsque les conclusions de cet audit auraient été portées à la connaissance de l’administration interne, un appel téléphonique aurait eu lieu entre le président de la CAF, Patrice Motsepe, et Fouzi Lekjaa.
Cet appel ne portait ni sur une réforme de la gouvernance ni sur la responsabilité institutionnelle. Il portait sur la DISSIMULATION.
Selon des informations circulant dans les cercles internes de la CAF, les termes de cette discussion étaient clairs: en échange de la non-divulgation publique du rapport d’audit externe, Fouzi Lekjaa devait bénéficier d’un arrangement politique.
Cet arrangement aurait notamment inclus sa nomination au poste de premier vice-président de la CAF, l’attribution au Maroc d’un nombre disproportionné de compétitions CAF, ainsi que la désignation récurrente de joueurs marocains comme lauréats des distinctions de la CAF Awards.
L’objectif était simple: préserver l’apparence de stabilité au sein de la CAF et empêcher que l’audit ne révèle une non-gouvernance systémique.
Point crucial, le président de la Commission d’audit et de conformité de la CAF, de nationalité marocaine Mohamed ZAAZI, aurait remis à Fouzi Lekjaa (en sa qualité de président de la Commission des finances) une copie des conclusions de l’audit.
À ce jour, Lekjaa serait le seul membre du Comité exécutif à détenir ce document.
Le communiqué de presse de la CAF du 7 juillet 2025 aggrave encore la situation. Dans ce communiqué, la CAF a affirmé que la Commission de conformité en matière de gouvernance «n’a constaté aucune violation des règles de gouvernance au sein du Secrétariat de la CAF». Cette déclaration est pour le moins surprenante. Si aucune violation des règles de gouvernance n’a été constatée, une question s’impose alors naturellement: pourquoi le rapport du cabinet d’audit externe – qui confirmerait pourtant des faits de mauvaise gestion – n’a-t-il jamais été publié sur le site officiel de la CAF?
La transparence ne peut être sélective. Une conclusion affirmant l’absence de violations de gouvernance n’a aucune valeur sans la publication des documents d’audit sous-jacents. Le refus de publier ce rapport ne traduit pas une confiance institutionnelle, mais une crainte de ce que révélerait une transparence totale.
Ces événements mettent également en lumière une défaillance structurelle plus profonde: l’absence d’indépendance réelle des commissions clés de la CAF.
Les commissions d’audit, de conformité, de gouvernance et d’ARBITRAGE ne peuvent exercer leurs fonctions de manière crédible lorsqu’elles sont soumises à l’influence de l’administration qu’elles sont censées contrôler. Dans un tel contexte, les commissions deviennent des instruments de protection plutôt que des mécanismes de responsabilité.
Dans ces conditions, l’insistance à affirmer que la gouvernance est saine n’est pas rassurante: elle est insultante pour l’intelligence des parties prenantes. La combinaison de la rétention des conclusions de l’audit, des arrangements politiques au niveau exécutif, de l’absence d’indépendance des commissions et des controverses récurrentes sur le terrain a gravement porté atteinte à la confiance.
Le problème n’est pas le Maroc en tant que nation de football, ni ses joueurs ou ses supporters.
Le problème est la gouvernance. Tant que la CAF ne publiera pas le rapport d’audit externe, ne garantira pas une véritable indépendance de ses commissions et ne mettra pas fin aux arrangements politiques au plus haut niveau, les soupçons persisteront, et les résultats sur le terrain continueront d’être perçus comme la conséquence du pouvoir plutôt que de la performance, y compris l’ingérence continue (de l’administration) et le manque d’indépendance des commissions.
Des rumeurs persistantes font état d’un départ du Secrétaire général à l’issue de la CAN. Cette éventualité avait-elle également été envisagée dans le cadre de l’accord initial ?